Nous savons que chaque être vivant est formé de milliards de cellules. Chaque cellule contient un noyau. Dans ce noyau on trouve des structures en bâtonnets appelés chromosomes. Chaque chromosome est constitué d’une molécule que l’on appelle ADN. Cet ADN contrôle, grâce à des gènes , c’est à dire des fragments actifs, la fabrication de nos protéines humaines telles : la myoglobine (fibres musculaires) , l’hémoglobine (transporteur des gaz respiratoires dans le sang) , l’insuline (qui contrôle le taux de sucre dans le sang et fait défaut aux diabétiques), la mélanine (colorant de la peau qui protège du soleil), etc.
Un chercheur américain, Craig Venter a révélé ses études actuelles à la presse.
Il est en train de fabriquer un être vivant, une bactérie qui pourra être programmée pour fabriquer des biocarburants ou des médicaments utiles à l’humanité
Les bactéries à notre service existent déjà dans l’industrie pharmaceutique. On fabrique par exemple de l’insuline parfaitement pure en incluant au génome de bactéries telles Escherischia Coli des fragments d’ADN humain qui lui font fabriquer le médicament qui soigne le diabète. Auparavant on purifiait un extrait de pancréas de bœuf ou de porc ce qui était devenu trop risqué pour l’humain, à cause des maladies transmises par ces animaux. La cortisone, anti-inflammatoire prescrit par tous nos médecins allopathes, est fabriquée depuis longtemps en container par des levures modifiées génétiquement. Les levures sont des microorganismes au même titre que les bactéries.
Ici la nouveauté est que Craig Venter injectera dans la bactérie un chromosome artificiel entier qui va être capable de la piloter juste ce qu'il faut
pour qu’elle puisse rester en vie, se nourrir et se reproduire, devenant ainsi en réalité une nouvelle forme de vie.
Ces chercheurs ont travaillé sur la bactérie appelée Mycoplasma genitalium, que l'on trouve dans les voies génitales, où elle cause des inflammations de l'urètre. Elle ne contient que 517 gènes, contre plusieurs dizaines de milliers pour un être humain. La version "épurée", baptisée Mycoplasma laboratorium, a ainsi été allégée d'un quart de ses gènes, inutiles pour nous.
Le biologiste Craig Venter déclare :
« Il s'agit d'un pas philosophique important dans l'histoire de nos espèces »
En effet après
avoir décodé le génome humain
nous savons maintenant coder un nouveau génome.
Craig Venter est donc en train de créer le châssis sur lequel
il sera possible de construire pratiquement n'importe quel être vivant.
Cette étape qui dépasse les capacités de la transgenèse (introduction de quelques
gènes) et propose d’implanter des génomes entiers, fabriqués sur mesure par synthèse chimique, dans des cellules vidées de leurs propres gènes est celle de la biologie
synthétique.
Qu’est-ce qui nous empêchera de créer ainsi d’autres êtres vivants plus sophistiqués puis de les installer à bord d’une nef spatiale, et de l’envoyer vers une planète habitable afin de l’ensemencer ?
Sources :
Chromosome artificiel de Craig Venter
http://afp.google.com/article/ALeqM5iCFyj3Re0PlHAoQEuwgcTCMIE2Zg